Championnat du Finistère d'orthographe et de langue française Samedi 8 mars 2025
lundi 17 février 2025
dimanche 2 février 2025
Article
1er
Les Fêlés de l’orthographe organisent ou
animent, tous les ans, des dictées ouvertes
à tous dont le « Championnat
du Finistère d’orthographe et de langue française ».
Article 2. Ouvrages de référence
La dictée porte
sur l’orthographe courante des mots, compte tenu des accents, majuscules,
trémas et traits d’union et telle qu’elle est définie par l’édition la plus
récente des ouvrages de référence
suivants :
• Le Petit Larousse
•
Le Petit Robert
•
Le dictionnaire des difficultés de la langue
française, d’après Thomas (Larousse)
•
La majuscule, c’est capital, de J.P. Colignon.
Article 3. La ponctuation
La ponctuation est précisée et n’est pas pénalisée.
Article 4. La dictée
La dictée fait l’objet d’une première lecture courante, puis d’un énoncé au rythme habituel d’une dictée. Il y a une seule relecture suivie d’un temps de réflexion de 5 minutes.
Article 5
Aucun document n’est autorisé dans la salle (dictionnaire, grammaire, correcteur orthographique électronique, téléphone portable, etc.) Seules les feuilles fournies par les organisateurs peuvent être utilisées. Les copies doivent être parfaitement lisibles. Ainsi, tout accent doit être correctement formé. Pour corriger un mot, chaque concurrent doit le barrer et le réécrire lisiblement au-dessus ou en marge. On évitera aussi la coupe d’un mot, simple ou composé, en fin de ligne pour éviter toute confusion.
Article 6.
Les copies
L’identité des candidats est occultée.
Seules les
copies rendues au terme des 5 minutes de réflexion seront corrigées.
Rendre sa copie n’est nullement une obligation. Un corrigé de la dictée est distribué. Les copies corrigées ne seront pas restituées aux candidats et seront détruites à l’issue du concours.
Article 7. Classements
Dans chacune des catégories, le concurrent ayant fait le moins de fautes est proclamé vainqueur. Les ex æquo sont départagés par des tests subsidiaires. Certaines dictées peuvent faire l’objet d’une correction collective sur écran, sans classement.
Article 8
Les décisions du jury sont irrévocables.
Article 9
Les catégories :
Un candidat
confirmé (ou professionnel) est adhérent d’un club depuis trois ans ou plus.
L’année 2020
sera considérée comme « année blanche » du fait de l’arrêt de nos
activités (pandémie).
Concourent
également dans cette catégorie les professionnels de la langue française
(écrivains, enseignants, journalistes, traducteurs, correcteurs et retraités de
ces mêmes professions…) ainsi que les anciens vainqueurs
« amateurs » des trois concours suivants :
·
Championnat
du Finistère d’’orthographe
·
Dictée de
Gouesnou
(Date d’effet : 1/01/2014)
+ Dictée des Nations (Date d’effet : 1/01/25)
Sont classés champions les anciens lauréats des
Dicos d’or (or, argent et bronze),
les lauréats or, argent
et bronze) du concours national des Timbrés de l’orthographe et les anciens
vainqueurs dans la catégorie des confirmés des trois concours précités.
(voir dates d’effet)
La nouvelle catégorie ainsi acquise est applicable à tout concours dont l’organisateur sera « Les Fêlés de l’orthographe »
Les autres candidats adultes concourent dans la catégorie des amateurs.
Article 10. Droit à l’image
Les participants, ou les responsables légaux des mineurs, autorisent expressément l’organisateur à utiliser sur ses supports de communication les images fixes ou audiovisuelles prises à l’occasion de la dictée sur lesquelles ils pourraient apparaître.
Article 11. Enfants mineurs
Les enfants mineurs participant aux concours sont sous l’entière responsabilité de leurs parents.
Article 12
L’inscription au
concours implique l’acceptation de ce présent règlement.
mardi 23 avril 2024
lundi 22 avril 2024
d’orthographe et de langue française
Bourg-Blanc, le 23 mars 2024
Partie(s)
de pêche
(Pour tous) La mer s’est retirée, loin, très loin, ouvrant
l’accès à l’île* Blanche1,
bien connue des marins de passage pour l’amer2
rouge qui les assure d’arriver à bon port. C’est sur cette grève que déjà tout gamin
je venais, accompagné du vieil oncle Yann, à chaque grande marée, pour des
parties de pêche inoubliables.
Ici, dans ce
petit havre3 finistérien,
le flux et le reflux rythment les jours et les nuits, et la vie s’écoule en
deux temps. Tout y est encore imprégné des bonheurs de nos jeunes années :
le bain, la barque bleu ciel4
que l’oncle empruntait pour une balade5
sur l’îlet* – Antilles de notre enfance ! – et surtout les parties de
pêche à pied.
Aujourd’hui,
jour de marée d’équinoxe vernal6,
quand les mordus de bronzette se sont laissé hâler7 au soleil breton, les bassiers8 se sont donné9
rendez-vous sur les lais10
de haute mer et – rituel immuable11–,
armés de râteaux et de palots12,
ils fouillent, ratissent inlassablement, scrutant le moindre trou d’eau (Fin pour les lycéens), soulevant les fucacées13 brun-jaune14 ou les corallines15 buissonnantes,
remuant le sable, pour y débusquer un portune16
assoupi, des solens17
imprudents, des pétoncles18
striés et autres pensionnaires de ces fonds sableux habituellement protégés de
l’invasion humaine. L’observateur averti y aura en effet remarqué tant de
signes d’une vie intense et discrète !
(Confirmés et champions) Déjà, passé19
l’étale20 de basse mer, à
l’heure du revif21,
l’onde montante va bientôt faire battre en retraite la cohorte de ces
cueilleurs de la mer. Seules les troubles22
agitées poursuivent encore le bouquet23.
Sur la slikke24 molle et
douce – aucunes syrtes25
traîtresses* sous la tangue26
collante ! –, s’attardent les oiseaux
limicoles27, tel le courlis28 cendré, en quête
de sa mye29 favorite ou
de sabelles30 fort
élégantes…
(Reprise amateurs) Les paniers sont posés sur les rochers chaotiques du
rivage, au milieu des cristes-marines31*, le temps
d’un rapide inventaire sous le regard impassible d’un cormoran huppé. La sterne
et la mouette rieuse tournoient au-dessus de nos têtes, affriandées par ce menu
gracieux. Du nanan32 !
Il reste au maître*(-)queux33 de service
à préparer une poêlée persillée qu’accompagnera, naturellement, un délicat
sylvaner ou un sancerre bien fruité. Ce sont là les délices raffiné(e)s qui,
dans l’abri côtier, concluent superbement ces journées mémorables.
* Variantes acceptées : l’ile, ilet, les christes-marines,
traitresses, maitre.
Le nom « bassier », absent des dictionnaires de référence sera neutralisé.
Texte rédigé par Henri Le Guen, avec la complicité de Philippe
Dessouliers.
Ouvrages de référence : les dictionnaires Petit Larousse et Petit Robert 2024, le Dictionnaire des difficultés de la langue française, de A.V. Thomas (Larousse), et La majuscule, c’est capital !, de Jean-Pierre Colignon.
Lexique
1. L’île Blanche : le nom île est
générique. Il s’écrit avec une minuscule.
L’adjectif Blanche est le terme spécifique qui nomme cette île. C’est ce
terme qui prendra la majuscule. Autres exemples : la mer Noire, le cap
Horn …
2. L’amer rouge : Point de mer Rouge en
Finistère ! L’amer est un point de repère fixe, visible de la mer et qui
sert de guide pour la navigation.
3. Un
havre : Mot d’origine nordique.
Crique ou baie donnant sur la mer et constituant un mouillage sûr pour les
bateaux de passage.
4. La
barque bleu ciel : deux termes
expriment une couleur. Le second nuance le premier. Tous deux restent
invariables.
5. Une
balade : une promenade. À ne
pas confondre avec son homophone ballade
qui désigne un poème ou une chanson. La Ballade
des pendus, de François Villon.
6. L’équinoxe
vernal : de printemps.
7. Se
sont laissé hâler : il est
tentant d’accorder ce participe avec le GN « les mordus de
bronzette ». Il s’agit tout d’abord d’un verbe accidentellement
pronominal. Le participe passé est suivi
d’un infinitif. Règle : pour que ce participe s’accorde, deux
conditions doivent être réunies : 1) le COD doit être placé devant le
verbe 2) Ce COD doit faire l’action exprimée par l’infinitif. La 2e
condition n’est pas remplie dans le cas présent.
8. Les
bassiers : mot absent des
dictionnaires de référence. Ce sont les pêcheurs amateurs qui, lors des grandes
marées, s’adonnent à la pêche à pied.
9. se
sont donné rendez-vous : le COD
étant placé après le verbe, le participe ne s’accorde pas.
10. Les
lais de haute mer : ce sont les
terrains que la mer laisse à découvert. Un lais
ou une laisse.
11. Rituel
immuable : invariable,
constant.
12. Un
palot : bêche étroite servant à
retirer les vers ou les coquillages du sable. Ne pas confondre avec l’adjectif pâlot.
13. Les
fucacées : Nom féminin pluriel.
Point de fût(s) cassé(s) ! Algues brunes parmi lesquelles le fucus et la
sargasse.
14. Brun-jaune : voir la note 4. En
outre, il faut le trait d’union (deux couleurs à part entière)
15. Les corallines : algues marines
rouges, buissonnantes, riches en iode.
16. Un portune assoupi : petit crabe
appelé communément étrille.
17. Le solen : mollusque comestible
appelé communément couteau.
18. Le pétoncle : coquillage à
coquille brune et striée.
19. Passé l’étale de basse mer : ce
participe place en tête de proposition reste invariable
20. L’étale : nom masculin ou féminin
selon PR. Moment où le niveau de la mer reste stable. L’étale de basse mer.
21. Le revif : montée des eaux.
22. Les troubles agitées : ce nom vous aura peut-être
troublé(e) ! Nom féminin. Épuisette.
23. Le bouquet : grosse crevette.
24. La slikke molle : la slikke désigne la partie basse de
l’estran, faisant suite au schorre.
25. Aucunes syrtes : Nom féminin. Au
pluriel, bancs de sables mouvants. Aucun,
aucune, placés devant un nom toujours pluriel prend lui-même la marque du
pluriel.
26. La tangue : dépôt sédimentaire sur
certaines baies…
27. Limicole : adjectif. Qui vit sur
la vase et se nourrit de petits êtres vivants enfouis (vers, coquillages)
28. Le courlis : oiseau limicole à
long bec.
29. La mye : mollusque bivalve à
coquille striée.
30. Une sabelle : Ver marin allongé
qui vit dans la vase et dont les branchies sont en panache.
31. La criste-marine : plante charnue
qui se fixe sur le littoral rocheux. On l’appelle aussi crithme, perce-pierre.
On trouve aussi la graphie christe-marine.
32. Du nanan : C’est du nanan !
C’est très agréable, c’est délicieux.
33. Un maître(-)queux : du latin coquus,
cuisinier. Un maître-cuisinier.